
En quelques mois, le conflit au Moyen-Orient s’est invité directement dans le quotidien des Français. À la pompe, la trajectoire du gazole dessine en creux les montagnes russes d’une géopolitique sous haute tension, oscillant entre frappes armées, blocus maritime, trêves éphémères et incertitudes électorales.
1. 28 février – L’étincelle des frappes
L’escalade s’amorce brusquement à la fin du mois de février. L’offensive menée contre des cibles stratégiques en Iran déclenche une onde de choc immédiate sur les marchés mondiaux de l’énergie. En France, le litre de gazole s’affiche alors à un niveau modéré de 1,69 €. Mais sur les marchés à terme, la nervosité s’installe instantanément.
2. 1ᵉʳ mars – Le verrou d’Ormuz s’exécute
Dès le lendemain, la réplique iranienne prend une tournure stratégique : le blocage du détroit d’Ormuz, artère vitale par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial. L’effet de panique est immédiat. En mars, le prix moyen du gazole franchit le seuil symbolique des deux euros pour atteindre 2,06 €/L, avant de poursuivre sa hausse vertigineuse jusqu’à un sommet de 2,26 €/L en avril.
3. 17 juin – La parenthèse de l’accord
Après des semaines de tensions extrêmes, le dialogue diplomatique sous l’égide des Nations unies débouche le 17 juin sur la signature d’un accord temporaire de réouverture des voies maritimes. L’apaisement des craintes sur les flux pétroliers fait refluer les cours du brut. En France, le gazole entame une décrue salutaire, retombant à 1,96 €/L dans les stations-service.
4. Juillet–Septembre – La rechute et le pic à 2,40 €
L’accalmie aura été de courte durée. Durant l’été, l’effritement des compromis diplomatiques et la résurgence des incidents en mer mènent à une rupture des engagements. Le cours du baril s’embrase de nouveau. La répercussion aux distributeurs est brutale : après un été en hausse continue (2,03 € en juillet, 2,19 € en août), le gazole atteint en septembre un record alarmant de 2,40 €/L.
5. Novembre ? L’inconnue des élections américaines
Alors que les ménages subissent de plein fouet ce nouveau choc pétrolier, tous les regards se tournent désormais vers les élections américaines de novembre. Le scrutin s’annonce décisif pour l’orientation de la politique étrangère américaine et le niveau d’engagement de Washington au Moyen-Orient.
